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Bienvenue sur mon blog professionnel !

Celui-ci est dédié à ce que j'appelle l'Art et la Science du Leadership. La Science du Leadership, ce sont les travaux de recherche menés depuis près d'un siècle sur les leaders et le leadership. C'est le Leadership saisi par la raison logique et la méthode scientifique. L'Art du Leadership, c'est la perception et la pratique du leadership au quotidien, celles de ceux qui agissent en leader ou s'engagent à leurs côtés. C'est le leadership saisi par la raison sensible, l'expérience et l'émotion. L'un ne va pas sans l'autre, chacun nourrit notre réflexion et notre pratique du leadership. Vous trouverez ici mes projets, productions, collaborations, réflexions et recommandations sur l'art et la science du Leadership et les équipes dirigeantes.

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mercredi 20 mai 2015

Participez à notre nouvelle étude sur le Leadership



Open Leadership ! c' est le nom de notre nouveau programme de R&D dont le but est de faire progresser la diversité dans les entreprises en transformant nos modèles et nos pratiques de leadership.

Pour soutenir ce programme, nous lançons une grande enquête qui explore les liens entre diversité, leadership et engagement.

La version française est désormais accessible, n'hésitez pas à participer en cliquant ICI 
(prévoyez 10 à 12 ' pour répondre)

Vous recevrez les résultats à la rentrée prochaine !
En attendant, vous pouvez découvrir les résultats de notre précédente étude ICI




mardi 17 juillet 2012

Ethique et leadership: Ma dernière publication scientifique sur l'hubris des dirigeants

Ce mois-ci parait dans la revue Journal of Business Ethics, mon dernier article scientifique sur l'hubris des dirigeants d'entreprises, co-écrit avec Helen Bollaert, professeure de Finance à Skema Business School...

A noter: La Conférence spéciale sur l'hubris organisée par la Royal Academy of Medicine en octobre prochain à Londres...et qui en dit long sur l'actualité du sujet !


Quand l'ego du dirigeant conduit l'entreprise au bord du gouffre

Dans cet article, paru dans une revue d'éthique des affaires, nous abordons le leadership du dirigeant sous son aspect le plus négatif et démesuré, celui de l'hubris. L'hubris est un terme régulièrement utilisé par la presse anglo-saxonne pour désigner ces dirigeants, tels ceux d'Enron, de Bear Stearns, de Lehman Brothers mais aussi d'Apple ou d'Oracle, souvent très narcissiques, qui perdent le sens des réalités et de la mesure conduisant à l'échec ou à la faillite les entreprises dont ils ont la responsabilité. Mais au delà de cet usage managérial récent, l'hubris fait référence aux mythes grecs mettant en scène la perte du sens de la mesure chez l'homme: les mythes d'Icare ou d'Oedipe mettent ainsi en récit un héros défiant orgueilleusement le destin ou les dieux et qui se voit en retour sévèrement châtié...

Dans cet article, Helen Bollaert et moi-même faisons le point de la littérature et des recherches récentes sur l'hubris et plus largement les méfaits des pathologies de l'ego chez le dirigeant sur la réussite de l'entreprise. Des chercheurs en finance comme U. Malmendier et J. Tate , D. Hambrick, N. Hiller ou M. Hayward ont souligné son impact négatif sur la performance de l'entreprise, durant les opérations de fusions et acquisitions notamment (ils paient trop cher et les opérations sont moins réussies)

Malgré tout, ces travaux empiriques ne donnent aucune définition précise de l'hubris qu'ils associent de façon souvent très floue au narcissisme (un désordre de la personalité) ou à la surconfiance (un biais cognitif). Ils se contentent par ailleurs de souligner les effets négatifs, mais ne disent pas quelles conclusions pratiques en retirer (que faire?).

Helen et moi-même proposons, à notre modeste niveau, de contribuer à l'établissement d'une définition précise, distinctive et opératoire de l'hubris du dirigeant. Et plutôt que de dénoncer le cout potentiel de l'hubris du dirigeant, nous suggérons deux pistes de développement du leadership permettant aux dirigeants d'éviter cet écueil qui touche ceux exposés à un pouvoir très (trop) important....

Une définition de l'hubris du dirigeant
Nous proposons de définir l'hubris comme un phénomène qui touche ceux qui sont exposés à un pouvooir important, qui inclut à la fois des comportements pathologiques et éthiquement condamnables et qui s'exprime dans 3 relations: la relation du dirigeant avec lui-même, avec le sautres et avec son environnement.

Le tableau ci-dessous décrit les 5 dimensions de l'hubris selon nous.



Exemples de dirigeants souffrant d'hubris

Sentiment de grandiosité (narcissisme)

« Une de mes collaboratrices a l’habitude de se moquer de moi en disant : « Il voudrait être le premier patron canonisé ». (…) je ne dis pas que, si la pratique du capitalisme prévoyait une telle forme de reconnaissance, je ne serais pas tenter de postuler ! »
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000

Surestimation de ses capacités (surconfiance)

« Peut être faudra-t-il du temps pour que le cours de Vivendi Universal reflète la vraie valeur du groupe. Mais je sais que nos actionnaires ne seront pas déçus. Dans l’intervalle, il n’y a qu’une chose à faire : prendre son bâton de pèlerin sans relâche (…) l’objectif est toujours le même : convaincre les actionnaires d’apporter leurs titres. Et si ce premier tour ne suffit pas, nous en ferons un deuxième, un troisième. Sans état d’âme.”
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000.

Sentiment d'être le seul compétent pour le poste

« Je me sens engagé à devoir continuer (…) Je ne vois pas en Italie une personnalité capable de représenter les intérêts du pays comme je le fais »
Sylvio Berlusconi, 4/11/2011

Sentiment d'être au dessus/plus fort que les autres 

Antoine Zacharias, Ex PDG de Vinci (1997-2006), reconnu coupable en mai  2011 d’abus de pouvoir pour avoir évincer  3 membres du comité de rémunération qui s’opposaient alors au déplafonnement de son salaire.

Sentiment d'être au dessus/plus fort que les lois

"Il nous faut comprendre que si le marché a tujours raison, il n'a pas raison tous les jours. 
Jean-Marie Messier, La Tribune, 2002
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000.

Deux pistes pour éviter l'hubris 
Dans une seconde partie, nous suggérons deux pistes d'actions aux dirigeants qui souhaitent éviter l'hubris. Pour les découvrir, il vous faudra consulter notre article !

Références:
  1. Petit, V. & Bollaert, H. (2012). Flying too close to the sun: Hubris among CEOs and how to prevent it, Journal of Business Ethics, 108(3): 265-283.
  2. Malmendier, U., & Tate, G. (2008).Who makes acquisitions? CEO overconfidence and the market’s reaction. Journal of Financial Economics, 89(1), 20–43.
  3. Hayward, M. L. A., & Hambrick, D. C. (1997). Explaining the premiums paid for large acquisitions: Evidence of CEO hubris. Administrative Science Quarterly, 42, 103–127.
  4. Messier, J.-M. (2000). J6M.Com. Paris: Le Livre de Poche.
  5. Messier, J-M. (2002). Jean-Marie Messier, Ennemi du Spéculateur. La Tribune, 7 février 2002.

mercredi 14 mars 2012

Le charisme du dirigeant sert-il la performance de l'entreprise?

Oui et  non !
Voici les résultats des 5 études menées sur le sujet:


Waldman, Ramirez, House, and Puranam (2001) ne trouvent pas de relation directe entre le charisme du CEO et la performance, mais montrent que le premier prédit le second quand le contexte est perçu comme incertain par les managers. 

Tosi, Misangyi, Fanelli, Waldman, and Yammarino (2004) ne trouvent pas non plus de lien direct mais un effet modérateur de l’incertitude environnementale dans la relation Charisme du CEO – ROI

Waldman, Javidan, and Varella (2004) à l’inverse montrent que le charisme du CEO est relié à la performance (mesurée par le ROE et la marge nette) mais ne trouvent aucun effet modérateur de l’incertitude ! 

Agle, Nagarajan, Sonnenfled et Srinivasan (2006) montrent que la performance est associée à la perception du charisme du CEO, mais que cette dernière n’est pas prédictive de la performance. L’incertitude environnementale, dans cette étude de semble pas non plus jouer de rôle. 

Cette dernière étude suggère que le charisme est une attribution et non une cause de la performance (Wang et al, 2011) et que la relation entre le charisme du CEO et la performance, dépend d’un grand nombre de variables environnementales et organisationnelles pour exister. C’est ce que suggère une étude récente de Ling, Simsek, Lubatkin et Veiga (2008) qui trouve une relation positive entre le leadership transformationnel du CEO et la performance de l’entreprise dans le contexte particulier de la petite entreprise non côtée (small privately firm).


Sources
  • Agle, B. R., Nagarajan, N. J., Sonnenfeld, J. A., & Srinivasan, D. (2006). Does CEO charisma matter? An empirical analysis of the relationship among organizational performance, environmental uncertainty, and top management team perceptions of CEO charisma. Academy of Management Journal, 49, 161−174.
  • Ling, Y., Simsek, Z., Lubatkin, M. H., & Veiga, J. F. (2008b). The impact of transformational CEOs on the performance of small- to medium-sized firms: Does organizational context matter? The Journal of Applied Psychology, 93, 923934.
  • Tosi, H. L., Misangyi, V. F., Fanelli, A., Waldman, D. A., & Yammarino, F. J. (2004). CEO charisma, compensation, and firm performance. Leadership Quarterly, 15405421.
  • Waldman, D. A., Javidan, M., & Varella, P. (2004). Charismatic leadership at the strategic level: A new application of upper echelons theory. Leadership Quarterly, 15355381.
  • Waldman, D. A., Ramirez, G. G., House, R. J., & Puranam, P. (2001). Does leadership matter? CEO leadership attributes and profitability under condition of perceived environmental uncertainty. Academy of Management Journal, 44, 134143.


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