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Bienvenue sur mon blog professionnel !

Celui-ci est dédié à ce que j'appelle l'Art et la Science du Leadership. La Science du Leadership, ce sont les travaux de recherche menés depuis près d'un siècle sur les leaders et le leadership. C'est le Leadership saisi par la raison logique et la méthode scientifique. L'Art du Leadership, c'est la perception et la pratique du leadership au quotidien, celles de ceux qui agissent en leader ou s'engagent à leurs côtés. C'est le leadership saisi par la raison sensible, l'expérience et l'émotion. L'un ne va pas sans l'autre, chacun nourrit notre réflexion et notre pratique du leadership. Vous trouverez ici mes projets, productions, collaborations, réflexions et recommandations sur l'art et la science du Leadership et les équipes dirigeantes.

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jeudi 1 janvier 2015

Le charisme peut-il renaitre de ses cendres ?




Découvrez mon dernier article sur le Blog de la Harvard Business Review

Par nature, le charisme est éphémère et le leader charismatique voué à la disparition : telle est la prophétie formulée il y a un siècle par celui qui, le premier, conceptualisa le charisme : le sociologue allemand Max Weber. Cette prophétie en forme de tragédie résonne étrangement avec le destin de certains dirigeants charismatiques et nous permet de répondre à une question d’actualité qui tourmente bon nombre de leaders ayant connu la gloire : comment conserver, voire regagner son charisme ?

jeudi 29 août 2013

10 bonnes raisons de lire le livre de Sheryl Sandberg

Il est écrit dans un style vivant, direct, souvent drôle

Si vous êtes paresseux, vous pouvez en comprendre le message principal en visionnant la vidéo de TED qui constitua le point de départ de l’ouvrage en 2010

Vous pouvez l’offrir à vos amis, à votre chef, à votre mère, à votre fille, à votre professeur de management.

Il fourmille de références scientifiques sérieuses ce qui est rare s’agissant d’un livre rédigé par un dirigeant

Son auteur manie l’autodérision et fait montre d'une franchise rafraîchissante dans cet exercice convenu qu’est la présentation de soi en leader du dirigeant.

Il est plein d’anecdotes savoureuses (sur le recrutement, sur la négociation salariale, sur l’école, sur la grossesse, sur la compétition pour le pouvoir, sur les hommes, sur les femmes, sur les mères, sur les pères, sur les places de parking pour femmes enceintes, sur Mark Zuckerberg, sur Google, sur la culture du présentéisme, sur l’estime de soi…)

C’est un livre de leadership destiné aux femmes (et pas un livre sur le leadership féminin) et aux hommes (et pas un livre sur le leadership masculin)

Il fait / relance le débat sur le féminisme et l’égalité H/F au travail

Il ne dit rien de réellement nouveau et pourtant il est réellement transformationnel

Il est traduit en français et en vente libre

Sheryl Sandberg, En avant toutes!, JC Lattes, 2013.

mercredi 3 avril 2013

Leadership et diversité à l'edhec


Une soirée consacrée au Leadership et à la diversité

Quelques images de la soirée spécial "All different, but all leaders!" consacrée au leadership et à la diversité et que j'organisais avec et pour  les étudiants de la promotion 2014...



La soirée, introduite par Fatima Saccal et Swetha Banuraman (Msc Soc) a débuté avec deux présentations

Ma présentation, intitulée "Female first, Leader second?" et consacrée au leadership des femmes : s’appuyant sur des recherches récentes, celle-ci a mis en avant 3 idées originales : 1) l’intérêt de remplacer l’image du plafond de verre par une métaphore, celle du labyrinthe, plus à même de nous aider à modéliser le leadership et la carrière des femmes 2) l’urgence de faire évoluer les processus de recrutement des dirigeants qui sont aujourd’hui biaisés par des représentations du leadership et du genre contre-productives et désavantageuses pour les femmes et 3) l’importance de changer notre représentation par trop « genrée » du leadership et qui nuit à la diversité des leaders dont l’entreprise a besoin pour réussir.

Celle de Jean-Michel Monnot, Vice-Président en charge de la diversité chez Sodexo Group : Sodexo a fait de la diversité une priorité stratégique et un levier de sa performance économique. Un choix unique en France, pour une entreprise qui compte désormais entre 28 et 30 % de femmes dans les fonctions de management et de direction, et ne compte pas s’arrêter là. Mais au-delà de la parité H/F, c’est l’inclusion de chacun quelque soit son orientation sexuelle, son handicap, son origine ethnique ou encore sa génération qui est au cœur du « cas Sodexo », un cas exemplaire et source d’inspiration pour toutes les entreprises qui convaincues de l’importance de la diversité souhaitent promouvoir celle-ci efficacement.

La soirée s’est poursuivie par un concours d’éloquence sur le thème du leadership, des femmes et de la diversité

Trois orateurs sélectionnés durant le cours de leadership stratégique se sont disputé le prix du leadership remis par Sodexo: Ananya Dixit (Msc Strategy & Organisation Consultancy), Noémie Margaroli (Msc Entrepreneurship) et Serge Lambert (Msc Legal & Tax Management): le concours a été remporté par Ananya Dixit dont le discours portait sur les leaders issus des pays émergents (leading from the emerging countries) et l’exemple de Kiran Mazumdar-Shaw, entrepreneuse indienne et fondatrice de Biocon. A travers son histoire,  Ananya a démontré qu’il n’est ni nécessaire d’être un homme ni de naitre dans un pays « développé » pour devenir un leader global.

La soirée s’est achevée par une table-ronde consacrée aux femmes et à la direction d’entreprise

Sophie Clamens (Sodexo), Veronique Laury (Castorama) et Anne Zuccarelli (EDHEC) étaient interrogées par Johann Barsby et Ananya Dixit. Les dirigeantes invitées ont partagé leurs définitions du leadership et leurs expériences de leaders : toutes ont souligné l’importance de bâtir et de transmettre une vision, de faire preuve d’assertivité, de savoir expliquer ses décisions, de développer et de souder ses équipes, de savoir écouter et de faire preuve d’humilité. Elles ont également fait part des difficultés et surtout des préjugés qu’elles ont du affronter durant leur carrière. Parmi les conseils adressés aux étudiants présents : rester soi-même, apprendre à s’affirmer et affirmer ses idées, se faire coacher si besoin et ne pas hésitez à faire différemment !

Véronique Laury ( Castorama), Sophie Clamens (Sodexo), Anne Zuccarelli (EDHEC ) et Jean-Michel Monnot ont partagé leurs visions, expériences et points de vue sur le leadership et la direction d'entreprise

Ce qu'en disent les participants


" Il est toujours intéressant de croiser différents regards sur une thématique que l’on croit connaitre. J’ai été très agréablement surpris par la conscience que les étudiants de l’Edhec ont par rapport aux challenges qu’ils vont rencontrer en matière de diversité et d’inclusion. Ils se veulent égaux, mais savent que femmes et hommes n’ont pas toujours les mêmes chances : c’est la première condition pour faire bouger ce monde.  En favorisant le dialogue intergénérationnel, nous pouvons sans aucun doute aller plus loin, plus vite. »
Jean-Michel Monnot, Directeur de la diversité, SODEXO, Keynote speaker


 "Ce fut un plaisir de partager avec tous les étudiants de MSc nos expériences de leadership. Des qualités comme  la vision, l’exemplarité et le courage ont été largement reprises en illustration tout au long de la soirée.En tant que femme, chaque intervenante a partagé  en toute transparence les « aspérités » rencontrées tout au long de leur carrière  mais aussi leur volonté affichée de faire évoluer à travers des initiatives innovantes, la place de la femme dans les organisations et dans les instances dirigeantes. De façon plus large, la conférence a permis aussi de montrer que la diversité est  un facteur de compétitivité !" 
Anne Zucarelli, Directrice des programes académiques et des relations entreprises, EDHEC Business School, participante table-ronde "women in leadership"

" Une expérience très enrichissante d'abord en phase de préparation: déterminer la pertinence des questions, anticiper la réaction des invités, parvenir à un flow à la fois logique et divertissant pour l'audience.
Mais une expérience riche également dans la vision que les invités ont pu nous donner; sur le leadership d'abord et sur la difficulté d'être une femme dirigeante. Enfin, une unanimité surprenante sur des questions qui font pourtant souvent débat comme la discrimination positive encouragée par tous les invités."
Johann Barsby, Etudiant Msc entrepreneurship et animateur de la table ronde


"The conference about leadership and diversity was  a truly memorable event for me. Not only did I benefit form listening to the views of experts about global leadership, and the importance of diversity in a workplace, but also the discussion on women in leadership was an insightful and very inspiring event, particularly because I am a woman myself, who aspires to be a leader one day. Also the opportunity to speak in front of the MSc. crowd as well as noted guests was a very confidence boosting experience. The praise and encouragement that I received were very motivating. It was a great experience to help in organizing the event too. The wonderful chance of networking with senior leaders in multinational firms was a very potent added bonus as well. I am very glad to have been a part of this conference, and I will always recount it as one of the most memorable moments of my life."
Ananya Dixit, étudiante MSC Strategy et gagnante du concours d'éloquence






lundi 11 mars 2013

Que deviennent les dirigeants charismatiques?

Que deviennent les dirigeants charismatiques, une fois leur moment de gloire arrivé ?
Dans ce nouvel article de recherche, paru en décembre dernier dans European Management Journal, je narre 30 ans de vie professionnelle d'un dirigeant européen, dont le charisme a permis de mener avec succès plusieurs transformations d'entreprises. Cette histoire est aussi celle d'un dirigeant qui a connu une carrière à rebondissements ponctuée par ses relations d'attraction-rejet avec les différentes présidents ou propriétaires avec qui le dirigeant-manager a dirigé.

Dans cet article, je montre la pertinence de l'analyse wébérienne du charisme et notamment de ce que Max Weber nomme "routinisation du charisme"... ci dessous l'introduction !

PETIT, V (2012). Like a phoenix from the ashes, European Management Journal, 30(6): 510-522


“Every charisma is on the road from a turbulently emotional life (…) every hour of its existence brings it nearer to this end” (Weber, 1978 : 1120).

What becomes of charismatic top executives? Why and how do they stay on or disappear from the top of companies? Our common sense and immediate understanding lead us to think of the charismatic entrepreneur or top manager of a company as a gifted individual with personal vision, who is emotional and theatrically communicative, who creates or transforms a company and builds it into an empire. But not all stories about charismatic top executives are synonymous with success and longevity—far from it. Max Weber, the first author to offer a theory of charisma, describes it as a transitory gift that is destined to disappear or be transformed: “In its pure form charismatic authority may be said to exist only in statu nascendi. It cannot remain stable” (1978: 246). Charisma is a dynamic of leadership and when it disappears, there is also the risk that he who carries it will disappear if he cannot find new dynamics that will allow him and his project to last. This process of disappearance or transformation, a feature of charismatic leadership that sometimes gives it a tragic dimension, is referred to by Weber as the ―routinization of charisma.

Some charismatic top executives, such as the former CEO of Vivendi Universal, Jean- Marie Messier (Khurana et al, 2008), will have careers with only one charismatic episode, while a select few will manage to reproduce these moments of grace, Apple CEO Steve Jobs being one of them. Founder of three different companies (Apple, Next and Pixar), he returned to Apple as top manager ten years after resigning, making his comeback for the millennium Jobs may be said to have led four charismatic revolutions and is an illustration of the flamboyant yet tragic image of the mythological phoenix which is consumed in flames only to be reborn from its own ashes. 
Steve Jobs‘ charisma is rather exceptional: not all charismatic top executives enjoy a similarly heroic career path, but many of them, whether company founders or not, experience a similarly chaotic journey through a series of key events, a journey both of grace and disgrace, or rise and fall. 
At the same time, there is another, perhaps more contemporary figure who has emerged from the recent changes in the CEO market and tin the corporate governance, and who can be added to this classic image of the charismatic founding leader: that of the transitional top manager, a charismatic figure recruited by a Board of Directors to produce a spectacular turnaround (Khurana, 2002). Once this has been achieved and it is time to settle into the position for the long term, some charismatic top executives decide to pursue otherhorizons, either of their own accord or because they have been pushed out by successors or dismissed by their boards; others prefer to stay on, developing their leadership in more ―runof- the-mill‖ ways.


But what is it about these atypical career paths? Is there an underlying logic to them? What are the "seasons‘, to use Hambrick and Fukutomi‘s terms (1991), of the charismatic top executive? Or as Weber puts it, how do they become routinized? In other words, can we identify an ideal-type for the becoming of these charismatic corporate figures? Why is this such an important question? Because previous research has shown the fascination (Meindl et al, 1985) and influence that charismatic CEOs holds over both company stakeholders (Fanelli et al, 2004; Tosi et al, 2004) and the wider public, but also the preference displayed by boards of directors for charismatic profiles when they have to recruit a new company CEO (Khurana, 2002) This is a preference that can sometimes be to the detriment of a process of refection about the suitability of a manager‘s leadership style for the mission he is being given. An understanding of the behavior and role, but also what becomes of the charismatic top manager, is therefore of great interest to boards of directors, and more broadly to those who study or participate in the procedures for the recruitment, management or succession of top executives, procedures whose impact on company strategy and performance has been demonstrated by the literature (see Finkelstein, Hambrick & Canella, 2008 for a review). 
The aim of this article, which can be located between the fields of leadership (which studies leaders and leadership) and strategic leadership (which studies the characteristics and impact of top executives), is to offer a series of propositions that form an exploratory model for the becoming of the charismatic top executive. The originality of this approach is that it offers a new reading of Weber‘s model for the routinization of charisma and tests it against a concrete management scenario—the 30-year career of a European charismatic CEO. 

The decision to return to Weber‘s work in order to construct a conceptual framework can be justified by the limitations of the existing studies of charismatic leadership on the one hand, and on charismatic CEOs on the other: Within leadership studies, most of the studies devoted to charismatic leadership explore a charismatic leader‘s capacity, at a given moment, to mobilize and transform. However, they ignore what becomes of this leader over a longer period, as well as the determining factors behind this development (with the notable exception of Beyer (1999), who also offered analysis of a single case over several years, that of Robert Noyce and Sematech). Furthermore, most of these studies make no distinction between the different types of leader and therefore ignore the specificity of charisma in the context of top management and the relationships of power that mark it. This particular limitation has been partly overcome by studies carried out in the related field of strategic leadership (Khurana 2002; Waldman, Javidan and Varella 2004; Agle, Nagarajan, Srinivasan and Sonnenfeld 2006; Fanelli, Misangyi and Tosi 2004; Tosi, Misangyi, Fanelli, Waldman and Yammarino 1999, 2004; Fanelli and Grasselli, 2005); these have highlighted the fascination among boards of directors and stakeholders for charismatic top managers, as well as the positive impact they can have on short-term company performance. Nonetheless, the first limitation we have identified remains, and it is here that our work begins. The intended contribution of this article is threefold: we are continuing the inclusion of
Weberian analysis of charisma in the field of leadership studies by operationalizing the idealtype of the routinization of charisma; we are providing, via a detailed case study, an illustration of this routinization process in a management context, which will allow us to verify the pertinence of the Weberian model and also develop a new analytical framework for the becoming of the charismatic top executive; and we are bringing new perspectives to the fields of strategic leadership by studying corporate leaders in their behavioral and dynamic dimensions, which remain little explored in this field. 

The paper is structured as follows: The first section offers a brief reminder of the definition of charisma as provided by Weber and the ways in which it was interpreted by management scholars, and it introduces the ideal-type of the routinization of charisma. The second section outlines the methodology employed and narrates the ―saga of the 30-year career of a European charismatic CEO, William French, who has experienced nine top executive positions in the retail and fashion industries and at least three ―charismatic episodes‖. This story provides the reader with an in-depth and lively portrait of a charismatic top executive in a European context. The third section builds on our analysis of William French to suggest a hypothetical model for the early stage of routinization, i.e., the determining factors and scenarios that cause charisma among top managers to be routinized.

jeudi 7 mars 2013

Les femmes dirigeantes sont des leaders comme les autres...


Sarah Saint-Michel, 

Université Toulouse I, 

Spécialiste du leadership et du genre
"Les femmes dirigeantes sont des leaders comme les autres" : c'est ce qu'explique Sarah Saint-Michel, maîtresse de conférence en sciences de gestion à l'Université de Toulouse.

Dans cet article paru le 4 mars dans le Monde, Sarah, avec qui j'ai le plaisir de travailler sur la question du leadership et de la diversité, présente quelques uns des résultats tirés de sa thèse intitulée: "L'impact du genre sur les traits de personnalité des leaders et les effets sur leur style de leadership" (2012)
"Ces travaux montrent que les collaborateurs interrogés par questionnaire sur la manière dont ils sont dirigés ne font pas de différence entre les sexes. Ils perçoivent de la même manière leurs supérieurs hiérarchiques, hommes et femmes, que cela concerne le style de leadership (charismatique, basé sur une vision partagée, ou plus conventionnel, lié à l'obtention de résultats) et les traits de personnalité (courage, confiance en soi, empathie...).
Ces résultats remettent en cause l'idée d'un leadership au féminin caractérisé par des compétences présupposées féminines, telles que la bienveillance ou l'altruisme, qui conduiraient les femmes à diriger et mener leurs équipes différemment de leurs homologues masculins considérés, eux, comme plus déterminés" explique Sarah
Elle ajoute: "A l'heure où le plafond de verre est toujours présent à la fois dans les entreprises et dans la sphère politique, la question du leadership des hommes et des femmes est centrale. Leur présence dans les postes de direction est actuellement mise en avant au nom de compétences spécifiques qu'elles détiendraient. Mais cette analyse, mal fondée, risque de mener à une impasse. Leur présence aux postes stratégiques et de pouvoir est en fait simplement justifiée par le fait que les femmes sont des leaders comme les autres, ni plus ni moins compétentes que les hommes pour diriger"
Une recherche qui jette un pavé dans la marre des consultants, coach et autres spécialistes du Leadership féminin...

Lire l'article de Sarah dans le Monde du 4 mars 2013.
Le genre et le leadership :  l’importance d’introduire les traits de  personnalité des leaders, Cahier de recherche, PRISM-Sorbonne, Paris 1.

mardi 11 septembre 2012

L'hubris du dirigeant vu par la neurobiologie et la psychologie expérimentale

L'hubris des dirigeants (la perte du sens de la mesure et l'orgeuil excessif) et les effets/méfaits de l'exercice du pouvoir sont une question d'actualité: la preuve avec cette chronique de Sébastien Bohler, docteur en neurobiologie et rédacteur de la revue Cerveau & Psycho. Dans ces deux chroniques proposées dans l'émission 28' d'Arte, celui-ci revient sur plusieurs résultats issus de la neurobiologie et de la psychologie expérimentale:

Le pouvoir addictif

L'exercice du pouvoir modifierait l'équilibre chimique du cerveau. Celui-ci activerait la production de dopamine (productrice de plaisir) dans une zone du cerveau liée à la récompense, poussant l'individu à l'accumulation des ressources matérielles et des relations sexuelles.  ce système de récompense fonctionnant selon un principe de renforcement, il conduit l'individu à rechercher toujours plus, provoquant un phénomène d'addiction proche de celui provoqué par la consommation de certaines drogues, et relié à ce même système de récompense.

Ceci expliquerait notamment des phénomènes tels que l'enracinement des dirigeants (s'accrocher au pouvoir) mais également le nombre de relations sexuelles supérieur à la moyenne constaté chez les dirigeants ...


Les illusions du pouvoir

Première illusion : Lorsqu'un individu est mis dans une situation de pouvoir, il tend à s'illusionner sur l'image qui lui est renvoyée par ceux qui l'entourent (surestimation positive). Un seul témoignage positif est ainsi intérprété comme un plébiscite etc. Le détenteur de pouvoir tend dès lors à  surestimer sa légitimité réelle. Une explication possible de l'une des composantes de l'hubris (le sentiment d'être le seul qualifié pour exercer la fonction) à l'origine de l'enracinement du dirigeant.

Deuxième illusion: Lorsqu'un individu est mis dans une situation de pouvoir, il sous estime (jusqu'à 70%) le temps requis pour effectuer une tâche. Ceci explique, par exemple, la fixation d'objectifs irréalistes, en particulier quand le dirigeant n'est pas celui qui fait mais celui qui commande aux autres de faire...Peu confronté au temps réel requis pour réaliser une tâche, persuadé que s'il devait la réaliser il lui faudrait beaucoup moins de temps que ce que suggèrent ceux qui sont, eux, confrontés à la réalité opérationnelle...voila la porte  ouverte à un management tyrannique et/ou une stratégie irréaliste.



Ces deux chroniques font suite aux travaux de Owen et Davidson paru en 2009 dans la Revue Brain et proposant de décrire le Syndrome d'hubris. Un syndrome qui concernerait ceux qui détiennent le pouvoir et regrouperait, en plus de traits relevant de troubles de la personalité déja répertoriés (personalité narcissique, antisocial notamment), des traits propres à l'hubris tel que le sentiment d'être irremplaçable. Les travaux d'Owen (qui est psychiatre et ancien homme politique) ont suscité l'organisation d'une conférence de la Royal Academy of Medicine qui se tiendra dans un mois à Londres et intitulée: "the intoxication of power: from neurosciences to hubris in healthcare and public life". Un titre faisant directement référence à l'ouvrage de David Owen: "The hubris syndrome:Bush, Blair and the intoxication of  power".


Dans deux articles publiés en 2010 et 2012 avec ma collègue Helen Bollaert, nous avions discuté les travaux sur l'hubris du dirigeant et notament ceux de Owen et Davidson. Nous proposons une description complémentaire, centrée sur les comportements observables dans un contexte d'entreprise avec un focus sur les dirigeants d'entreprises (Owen se concentre plutôt sur les dirigeants politiques). Voir mon post à ce sujet

Reférences
  1. Bollaert, H. & Petit, V. (2010) Beyond the Dark Side of Executive Psychology: Current Research and New Directions, European Management Journal, Volume 28, Issue 5, 362-373
  2. Petit, V & Bollaert, (2012) H. Flying too close to the Sun: Hubris among CEOs and how to prevent it,Journal of Business Ethics, 108(3):265-283.
  3. Owen, D., & Davidson, J. (2009). Hubris syndrome: An acquired personality disorder? A study of US Presidents and UK Prime Ministers over the last 100 years. Brain, 132, 1396–1406.

mardi 17 juillet 2012

Ethique et leadership: Ma dernière publication scientifique sur l'hubris des dirigeants

Ce mois-ci parait dans la revue Journal of Business Ethics, mon dernier article scientifique sur l'hubris des dirigeants d'entreprises, co-écrit avec Helen Bollaert, professeure de Finance à Skema Business School...

A noter: La Conférence spéciale sur l'hubris organisée par la Royal Academy of Medicine en octobre prochain à Londres...et qui en dit long sur l'actualité du sujet !


Quand l'ego du dirigeant conduit l'entreprise au bord du gouffre

Dans cet article, paru dans une revue d'éthique des affaires, nous abordons le leadership du dirigeant sous son aspect le plus négatif et démesuré, celui de l'hubris. L'hubris est un terme régulièrement utilisé par la presse anglo-saxonne pour désigner ces dirigeants, tels ceux d'Enron, de Bear Stearns, de Lehman Brothers mais aussi d'Apple ou d'Oracle, souvent très narcissiques, qui perdent le sens des réalités et de la mesure conduisant à l'échec ou à la faillite les entreprises dont ils ont la responsabilité. Mais au delà de cet usage managérial récent, l'hubris fait référence aux mythes grecs mettant en scène la perte du sens de la mesure chez l'homme: les mythes d'Icare ou d'Oedipe mettent ainsi en récit un héros défiant orgueilleusement le destin ou les dieux et qui se voit en retour sévèrement châtié...

Dans cet article, Helen Bollaert et moi-même faisons le point de la littérature et des recherches récentes sur l'hubris et plus largement les méfaits des pathologies de l'ego chez le dirigeant sur la réussite de l'entreprise. Des chercheurs en finance comme U. Malmendier et J. Tate , D. Hambrick, N. Hiller ou M. Hayward ont souligné son impact négatif sur la performance de l'entreprise, durant les opérations de fusions et acquisitions notamment (ils paient trop cher et les opérations sont moins réussies)

Malgré tout, ces travaux empiriques ne donnent aucune définition précise de l'hubris qu'ils associent de façon souvent très floue au narcissisme (un désordre de la personalité) ou à la surconfiance (un biais cognitif). Ils se contentent par ailleurs de souligner les effets négatifs, mais ne disent pas quelles conclusions pratiques en retirer (que faire?).

Helen et moi-même proposons, à notre modeste niveau, de contribuer à l'établissement d'une définition précise, distinctive et opératoire de l'hubris du dirigeant. Et plutôt que de dénoncer le cout potentiel de l'hubris du dirigeant, nous suggérons deux pistes de développement du leadership permettant aux dirigeants d'éviter cet écueil qui touche ceux exposés à un pouvoir très (trop) important....

Une définition de l'hubris du dirigeant
Nous proposons de définir l'hubris comme un phénomène qui touche ceux qui sont exposés à un pouvooir important, qui inclut à la fois des comportements pathologiques et éthiquement condamnables et qui s'exprime dans 3 relations: la relation du dirigeant avec lui-même, avec le sautres et avec son environnement.

Le tableau ci-dessous décrit les 5 dimensions de l'hubris selon nous.



Exemples de dirigeants souffrant d'hubris

Sentiment de grandiosité (narcissisme)

« Une de mes collaboratrices a l’habitude de se moquer de moi en disant : « Il voudrait être le premier patron canonisé ». (…) je ne dis pas que, si la pratique du capitalisme prévoyait une telle forme de reconnaissance, je ne serais pas tenter de postuler ! »
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000

Surestimation de ses capacités (surconfiance)

« Peut être faudra-t-il du temps pour que le cours de Vivendi Universal reflète la vraie valeur du groupe. Mais je sais que nos actionnaires ne seront pas déçus. Dans l’intervalle, il n’y a qu’une chose à faire : prendre son bâton de pèlerin sans relâche (…) l’objectif est toujours le même : convaincre les actionnaires d’apporter leurs titres. Et si ce premier tour ne suffit pas, nous en ferons un deuxième, un troisième. Sans état d’âme.”
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000.

Sentiment d'être le seul compétent pour le poste

« Je me sens engagé à devoir continuer (…) Je ne vois pas en Italie une personnalité capable de représenter les intérêts du pays comme je le fais »
Sylvio Berlusconi, 4/11/2011

Sentiment d'être au dessus/plus fort que les autres 

Antoine Zacharias, Ex PDG de Vinci (1997-2006), reconnu coupable en mai  2011 d’abus de pouvoir pour avoir évincer  3 membres du comité de rémunération qui s’opposaient alors au déplafonnement de son salaire.

Sentiment d'être au dessus/plus fort que les lois

"Il nous faut comprendre que si le marché a tujours raison, il n'a pas raison tous les jours. 
Jean-Marie Messier, La Tribune, 2002
Jean-Marie Messier, J6M.com, 2000.

Deux pistes pour éviter l'hubris 
Dans une seconde partie, nous suggérons deux pistes d'actions aux dirigeants qui souhaitent éviter l'hubris. Pour les découvrir, il vous faudra consulter notre article !

Références:
  1. Petit, V. & Bollaert, H. (2012). Flying too close to the sun: Hubris among CEOs and how to prevent it, Journal of Business Ethics, 108(3): 265-283.
  2. Malmendier, U., & Tate, G. (2008).Who makes acquisitions? CEO overconfidence and the market’s reaction. Journal of Financial Economics, 89(1), 20–43.
  3. Hayward, M. L. A., & Hambrick, D. C. (1997). Explaining the premiums paid for large acquisitions: Evidence of CEO hubris. Administrative Science Quarterly, 42, 103–127.
  4. Messier, J.-M. (2000). J6M.Com. Paris: Le Livre de Poche.
  5. Messier, J-M. (2002). Jean-Marie Messier, Ennemi du Spéculateur. La Tribune, 7 février 2002.

mardi 5 juin 2012

Mon prochain livre sur le leadership et la direction d'entreprise

Bonne nouvelle, mon projet d'ouvrage consacré au leadership et à la direction d'entreprise vient d'être retenu par les éditions Pearson. Sortie prévue au printemps 2013 si tout va bien, dans la collection Management en Action.

Intitulé "Du Leadership pour Diriger" et sous-titré "l'Art et la Science du Leadership stratégique", cet ouvrage s'adresse à la fois aux enseignants et étudiants en management mais également aux dirigeants et à ceux qui les accompagnent dans leur développement.

Il propose un état de la recherche récente sur le leadership stratégique et plus précisément sur 3 notions clefs que sont le pouvoir, la légitimité et le leadership des dirigeants d'entreprises. J'y présente également mon approche personnelle du développement du leadership du dirigeant basée sur mes travaux de recherche et mes échanges avec plus d'une centaine de dirigeants depuis 10 ans. Comme à mon habitude, j'y développe une approche qui explore et fait dialoguer l'art et la science du leadership, i.e. la pratique et l'expérience des dirigeants eux-mêmes et les études scientifiques sur la direction d'entreprise et le leadership aujourd'hui.

Quand les dirigeants perdent leur pouvoir…ils développent leur influence


J. Westphal,
Professeur de stratégie
 Ross Business School,
Michigan University
Dans cette étude, James Westphal montre que vouloir renforcer le contrôle du dirigeant par le conseil d'Administration, peut susciter, de la part des dirigeants, des stratégies d'influence qui, in fine, contribue à renforcer leur pouvoir mais si celui-ci est "structurellement" réduit.


Réforme de la gouvernance et pouvoir du dirigeant.
Le mouvement de réforme de la gouvernance d’entreprise amorcé dans les années 90 (1) a débouché sur une nouvelle répartition des pouvoirs à la tête des entreprises notamment des grandes entreprises cotées. Le pouvoir, et notamment le pouvoir de contrôle, de l’actionnaire vis-à-vis du dirigeant a été renforcé et réaffirmé dans les textes mais également dans les faits (1). Ainsi, il n’est pas rare aujourd’hui de voir un conseil d’administration remercier un directeur général, ce qui pouvait paraitre impensable il y a 20 ans : Souvenez-vous, en 2002, lorsque Jean-Marie Messier fut poussé à la démission par le conseil d’administration de Vivendi Universal au terme d’un bras de fer de plusieurs mois, ce n’était que la seconde fois qu’un conseil du CAC 40 exerçait ainsi son pouvoir "ultime" de contrôle sur le dirigeant d’une entreprise.

La lutte contre « l’hégémonie managériale » et le renforcement du pouvoir actionnarial sont clairement inscrits dans l’ADN du mouvement de réforme de la gouvernance d’entreprise qui s’appuie sur une vision très particulière de la relation actionnaire-dirigeant : celle véhiculée par la théorie de l’agence (2) qui modélise la relation entre l’agent (le manager) et le principal (l’actionnaire) comme une relation par nature conflictuelle (les fameux conflits d’agence) : leurs intérêts seraient par trop divergents. 
Les «bonnes pratiques de gouvernance » qui vont ainsi être mises en avant par les textes de lois et les codes de gouvernance de ces dernières années vont ainsi s’appliquer à limiter le pouvoir du dirigeant (par exemple en séparant les fonctions de Directeur Général et de Président), renforcer le pouvoir de contrôle du conseil d’administration (par exemepe en renforçant son indépendance) et s’attacher à aligner les intérêts des dirigeants sur ceux des actionnaires (au moyen par exemple de Stock options).

Les chercheurs sont très partagés sur les bénéfices réels (sur la performance de l’entreprise notamment) de ces « bonnes pratiques de gouvernance », mais aussi la validité empirique de la théorie de l’agence ou encore sa vision pessimiste et assez réductrice de l’entreprise et de ses acteurs que celle-ci véhicule (1) (3).

Dans une étude réalisée en 1997/1998 (4) (5) sur un échantillon de 600 grandes entreprises américaines, James Westphal, l’un des chercheurs les plus prolifiques dans le domaine du leadership stratégique (étude des dirigeants d’entreprises) met en lumière la relative improductivité des mécanismes de réduction du pouvoir du dirigeant…au passage il souligne à quel point la prise en compte du leadership du dirigeant  (i.e. sa capacité personnelle d'influence) est au moins aussi importante que celle de son pouvoir formel ou structurel (celui que lui procure notamment sa position et ses fonctions dans l'organisation)

Les réactions des dirigeants face à la perte de pouvoir
L’étude de Westphal rappelle d’abord que la pratique actuelle de la gouvernance des grandes entreprises repose sur deux piliers : premièrement, le renforcement du pouvoir du conseil d’administration à travers notamment le renforcement de son indépendance vis-à-vis de l’équipe dirigeante et deuxièmement, la réduction du pouvoir du dirigeant. Selon Westphal, cette pratique relève d’une approche « structurelle » du pouvoir. Une approche qui met de côté les comportements des acteurs ou les déduit directement de la structure qui les enserre : ainsi, selon les tenants de l’approche structurelle, l’indépendance du CA doit découler de la modification mécanique de sa composition (plus d’administrateurs indépendants i.e. sans lien contractuel avec l’entreprise) et la réduction du pouvoir du dirigeant ( via la séparation des fonctions de Président et directeur Général). Les liens informels, les comportements d’influence sont ainsi mis de côté. Westphal, avec son étude les remet sur le devant de la scène…

Pourquoi un CA indépendant, n’est-il pas puissant ?
Le point de départ de son étude est une question posée par des travaux empiriques antérieurs (Pettigrew, 1992 ; Walsh & Seward, 1990) qui montrent l’absence de lien entre l’indépendance du CA et son pouvoir effectif contrairement à ce que promet le dogme de la gouvernance d'entreprise: comment expliquer la contre-productivité de cette « bonne pratique » ?

Selon Westphal, les dirigeants interprètent l’indépendance du CA comme un signal de renforcement du pouvoir du CA et perte de pouvoir potentiel pour eux: ils vont dès lors s’engager dans des stratégies d’influence interpersonnelles compensant leur perte de pouvoir potentiel vis-à-vis du CA.
Westphal étudie plus spécifiquement deux stratégies d’influence : la persuasion et la flatterie (ingratiation).

La persuasion consiste à emporter l’adhésion du CA par la force de conviction : le dirigeant convainc sur l’intérêt pour le CA de e suivre et de mettre en œuvre la stratégie qu’il propose (Persuasion involves the application of reason or logic to "convince a target that the agent's request or proposal is feasible and consistent with shared objectives). Cette stratégie fonctionne d’autant mieux que le dirigeant possède le talent, l’expertise et le projet nécessaires pour convaincre.

La flatterie consiste à créer chez les membres du CA le sentiment d’une proximité  et d’une appartenance commune qui va désamorcer toute action défavorable à l’endroit du dirigeant (« Ingration encompasses a set of influence tactics which serve to "increase one's attractiveness in the eyes of a more powerful person"). Cette stratégie est particulièrement utile au dirigeant qui ne possède pas d’arguments logiques et factuels et doit miser sur le sentiment et le lien affectif avec les membres du CA.




Westphal a ainsi étudié les stratégies de 221 CEOS américains, qu’il a mesurées à travers des réponses à des questionnaires envoyés aux administrateurs indépendants de près de  600 entreprises ainsi qu’aux CEOs eux-mêmes.

Les comportements de persuasion et de flatterie sont mesurés via des échelles psychologiques, tandis que l’indépendance du CA est mesurée via des indicateurs classiques (nombre d’administrateurs indépendants, séparation des fonctions de DG/président ; proximité des administrateurs (formation, expérience) avec le dirigeant). Westphal mesure également l’évolution de la rémunération du dirigeant (fixe, variable, bonus).

Les résultats montrent que lorsque l’indépendance du CA s’accroit, les comportements de persuasion et de flatterie des dirigeants s’accroissent également. Westphal montre également que l’accroissement de ces comportements d’influence est positivement relié à des modifications de rémunération favorables au dirigeant !

Ce faisant, Westphal suggère que les dirigeants substituent l’influence au pouvoir structurel pour maintenir voire accroitre leur pouvoir sur l’entreprise. Un résultat qui vient nuancer l‘efficacité et la simplicité des mécanismes de contrôle.

Références

(1)              Daily, C.M., Dalton, D.R. and Cannella, A.A. Jr (2003). Corporate governance: decades of dialogue and data, Academy of Management Review, Vol. 28 No. 3, pp. 371-82.
(2)            Jensen, M. &  Meckling, (1976),  Theory of the firm: managerial behavior, agency cost, and ownership structure,  Journal of Financial Economic, 1976, pp. 305-360.
(3)              Ghoshal, Sumantra. (2005). Bad management theories are destroying good management practices. Academy of Management Learning and Education, 4(1), 75-91.
(4)               Westphal, J.D. (1997), For Every Action, a reaction: How CEOs deal with the loss of power in CEO/Board Relationships, Academy of Management Proceedings.
(5)              Westphal, J.D. 1998. Board games: How CEOs adapt to increases in structural board independence from management. Administrative Science Quarterly, 43: 511-537.



 Pour aller plus loin:


mercredi 23 mai 2012

Rémunération des patrons français: quel rôle jouent le pouvoir et l'éthique du dirigeant ?

Les dirigeants français les mieux payés en 2011
Hier, avec mes deux collègues, Sabrina Chikh et Helen Bollaert, toutes deux professeurs de finance, nous avons lancé un nouveau projet de recherche pluridisciplinaire sur la rémunération des dirigeants français (SBF 250). 3 de mes étudiants (Adeline Feutry, Vincent Pocholle et Pierre-Emmanuel Fortune, tout 3 en filière apprentissage de l'EDHEC) se sont également portés volontaires pour participer au projet dans le cadre de leur thèse de fin d'étude.

L'objectif du projet est de mettre en lumière certains antécédents de la rémunération du dirigeant et notamment le rôle joué par deux facteurs organisationnels et comportementaux: le pouvoir dont dispose le dirigeant sur l'organisation et le leadership et l'éthique qui lui sont attribués par ses collaborateurs.

L'étude portera sur les dirigeants de sociétés cotées en France (SBF 250) et sur les années 2010-2011

Parmi les questions que nous souhaitons explorer:
  • Le fait de détenir un pouvoir important encourage t-il des rémunérations supérieures à la moyenne? A une structure particulière de rémunération (répartition fixe/variable; Stock options, etc)?
  • L'éthique du dirigeant pousse t-elle celui-ci à la modération en matière de rémunération?  A une structure particulière de rémunération (répartition fixe/variable; Stock options, etc) ?
Par le passé, beaucoup de travaux de recherche en finance et en stratégie ce sont intéressés à la rémunération des dirigeants. un petit nombre d'entre eux se sont penchés sur le cas français, et aucun n'a étudié le rôle joué par le leadership et le pouvoir du dirigeant...

mercredi 16 mai 2012

Portrait d' Anne Lauvergeon sur France 5

Anne Lauvergeon




A ne pas manquer: la rediffusion du dernier épisode de la série Empreinte consacrée à Anne Lauvergeon...ils ne sont pas si nombreux les portraits de dirigeantes d'entreprises. Celui-ci est un vrai régal même si mon préféré demeure le portrait de Gisèle Halimi



mercredi 9 mai 2012

Les analystes financiers amoureux des dirigeants charismatiques

Un bel exemple de la fascination qu'exerce le charisme du leader...dans une étude publiée en 2009, Angelo Fanelli (alors professeur à HEC Paris) et ses collègues montrent que lorsque qu'un dirigeant d'entreprise est perçu comme charismatique par les analystes financiers ceux-ci tendent à faire des recommandations positives et uniformes mais font également plus souvent des erreurs de prévisions lorsqu’ils évaluent ces derniers! 

Cette étude  vient complété une précédente recherche menée par Rakesh Khurana en 2009 qui avait démontré la préférence des conseils d'administration pour des dirigeants perçus comme charismatiques.

Il existe donc bien une "prime" au dirigeants charismatique qui découlent qui directement de la désirabilité sociale du charisme et de la fascination que celui-ci exerce sur les esprit lorsqu'il est question de pouvoir et de puissants.

Ce n'est évidemment pas une bonne nouvelle quand l'on sait que :

1/ il n'existe pas de lien solide entre le charisme du dirigeant et la performance de l'entreprise (voir mon précédent post)
2/ que les dirigeants charismatiques ne conviennent ni à tous les types d'entreprises, ni à tous les types de collaborateurs et qu'ils sont associés à certains risques tels que la perte de sens critique dans l'organisation, la prise de risque stratégique inconsidéré ou encore l'épuisement des collaborateurs.
3/ que le charisme peut-être associé à l'autoritarisme et au manque d'éthique
4/ que la perception du charisme peut-être augmenté via un entrainement systématique en matière de communication (voir mon précédent post)


Sources: 
Fanelli, A., Misangyi, V. F., & Tosi, H. L. In Charisma We Trust: The Effects of CEO. Charismatic Visions on Securities Analysts.  Organization Science, 2009.
Khurana, R. Searching for a corporate savior: the irrational quest for charismatic CEOs, Princeton University Press, 2002


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